Mon arbre ma tribu

Difficile de se représenter un monde sans forêts tant elles nous paraissent nombreuses et foisonnantes aux quatre coins de la planète. Difficile d’imaginer, depuis nos forêts françaises relativement préservées, qu’ailleurs sur notre Terre elles disparaissent chaque année par millions d’hectares, mettant en péril une extraordinaire biodiversité qui voit se réduire toujours un peu plus son habitat naturel. Pour le pétrole, pour l’urbanisation ou l’agriculture de masse, la déforestation est chaque année responsable de la disparition d’environ 13 millions d’hectares de forêts. Un rythme insoutenable qui pourrait nous mener à la destruction totale des forêts tropicales d’ici à 70 ans.

L’inestimable ressource écologique des forêts

Les forêts, on s’y promène on s’y sent bien, on aime s’y ressourcer le week-end et l’on passe globalement à côté de leurs incroyables bienfaits. À la fois indispensables sur le plan social, environnemental et économique, elles soutiennent une large part du tissu de la biodiversité et ont contribué à façonner pour nous une planète où il fait bon vivre.

Un trésor de biodiversité

Espèces animales, végétales, champignons, bactéries, tous ont trouvé refuge dans les forêts qui abritent aujourd’hui près de 80% de toute la biodiversité terrestre. Ces espèces interagissent les unes avec les autres notamment par le biais de la chaîne alimentaire, et la destruction d’un seul maillon pourrait entraîner l’effondrement de tous les autres. C’est pourtant la diversité qui permet une plus grande résilience face aux bouleversements environnementaux que nous rencontrons aujourd’hui.

Un formidable puits de carbone terrestre

Juste après les océans, les forêts du monde jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique puisqu’elles absorbent chaque année quelque 2 milliards de tonnes de CO2. Rien qu’en France, les arbres de nos forêts captent environ 70 millions de tonnes de CO2 par an, et le carbone ainsi stocké restera prisonnier de tous les produits du bois gérés durablement.

Une source d’eau douce indispensable

Les forêts ne rejettent pas seulement de l’oxygène, elles dégagent aussi de la vapeur d’eau qui alimente les pluies et aide à rafraîchir des zones parfois très sèches. Et puis dans les forêts en bonne santé, le sol est riche, aéré, soigneusement travaillé par une multitude de petits organismes. Cela permet à l’eau de s’infiltrer beaucoup plus facilement pour alimenter les nappes phréatiques, après avoir été purifiée par l’action des racines et des champignons. Un tiers des grandes villes du monde tirent leur eau potable directement des forêts.

Un fertilisant naturel

À la base de toutes les chaînes alimentaires, on retrouve de la matière organique dans laquelle les plantes puisent une partie des nutriments nécessaires à leur développement. Et justement, les arbres en fournissent une large quantité chaque année ce qui permet de maintenir des sols riches et bien nourris, dont pourront profiter les récoltes. D’autre part, de nombreux insectes pollinisateurs essentiels à nos cultures ont trouvé refuge parmi les forêts tout comme certains oiseaux, prédateurs des ravageurs de cultures. Préserver les forêts garantit donc une agriculture plus saine et plus durable, avec la mise en place d’une vraie lutte biologique.

Quelles sont les causes de la déforestation ?

Les forêts ne recouvrent aujourd’hui que 30% de la surface du globe, là où elles s’étalaient autrefois sur plus de la moitié de notre planète.

Plus que tout autre, la déforestation est étroitement liée à l’agriculture. Près des trois quarts des forêts détruites sont destinées à accueillir nos cultures et nos pâturages, l’élevage comptant à lui seul pour 14% de la déforestation en agriculture commerciale.

Arrivent ensuite, dans des proportions moindres :

  • La construction d’infrastructures (10%).
  • L’expansion des zones urbaines (10%).
  • L’extraction des ressources naturelles (7%).

Quant aux forêts encore debout, beaucoup sont déjà largement dégradées du fait des coupes sélectives et des pollutions diverses. Le bon remplissage de leurs fonctions essentielles s’en trouve alors largement perturbé.

Le défi de la protection des forêts

Nourriture, matières premières, emplois, médicaments, pour continuer à profiter de tous les bienfaits que la forêt a à nous offrir, chacun peut aujourd’hui jouer son rôle dans la préservation du patrimoine forestier mondial.

Par la reforestation

La déforestation est un processus si rapide et si étendu qu’aucune chance n’est donnée aux forêts de se régénérer. Pour pallier ce phénomène, on replante désormais de nouvelles forêts sur les anciennes et l’on reconstruit les parcelles endommagées de manière à leur permettre d’arriver à maturité suffisante pour parvenir à remplir leur fonction de puit de carbone. On estime aujourd’hui que 10 millions de km² de forêts devraient être replantés d’ici à 2050 afin de maintenir le réchauffement climatique sous les 1,5°C.

Par le choix d’une alimentation durable

Pour répondre à la demande, la France importe chaque année de nombreuses matières premières et produits directement liés à la déforestation. Agir pour les forêts, ce sera aussi réfléchir à ce que nous consommons pour privilégier des produits de qualité, issus de circuits courts et si possible labellisés. Cela commence par le choix de fruits et légumes de saison, et la consommation très modérée de produits responsables de la déforestation tels que l’avocat, les pâtes à tartiner riches en huile de palme et même la viande. Le bétail est en effet majoritairement nourri au soja, dont la culture est l’une des principales causes de déforestation en Amazonie.

Par la protection des espaces naturels

Au-delà de ses missions écologiques, la forêt joue aussi une multitude de rôles sociaux et économiques. Production de bois, espace de bien-être et de loisirs, lieu privilégié de la chasse et de l’apiculture… Impossible d’en restreindre totalement l’accès mais de nombreux projets ont vu le jour ces dernières années pour gérer au mieux les forêts de la planète. Dans les espaces ainsi protégés, on régule le prélèvement des ressources, on limite le bouleversement des habitats naturels et l’on veille à préserver la dynamique indispensable au bon équilibre entre les différentes espèces animales et végétales

Par des trajets en voiture limités

Privilégier les transports en commun, le vélo ou la marche, une idée pas si bête lorsque l’on sait que la plupart de nos trajets du quotidien font moins de 5 kilomètres. L’effort est minime mais permettra d’agir efficacement sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Finalement, préserver les forêts n’impose pas de s’envoler pour l’autre bout de la planète. ll s’agit simplement de renouer un lien durable entre les Hommes et les différents écosystèmes, à travers l’adoption de comportements plus sains et plus logiques. Une vraie prise de conscience collective est d’ailleurs en train de voir le jour. Alors, pourquoi ne pas y prendre part ?